Bilal Tarabey


Bilal Tarabey, série Le RetourAl Aawda (Le Retour)

Né pendant la guerre du Liban, Bilal Tarabey a grandi et fait ses études à Paris. Sa série Al Aawda raconte son « retour » (c’est la traduction de son titre arabe) dans son pays en 2015. La photographie a ainsi été pour lui le moyen de se réapproprier la ville de Beyrouth. Au fil des images, on suit Bilal Tarabey le long des rues et jusque dans l’intimité des intérieurs. Il déborde en ce sens le genre de la street photography, dont il épouse néanmoins certains codes. Ses influences seraient également à chercher du côté d’un photographe classique comme Paolo Pellegrin, avec qui il partage le goût du noir et blanc et de l’image tremblée. Lui-même se dit essentiellement inspiré par la bande dessinée, notamment par le travail d’Enki Bilal et des auteurs de la nouvelle école du comics américain.

Bilal Tarabey fait partie de ces photographes qui se réfèrent peu à l’histoire de leur médium, privilégiant une approche instinctive. S’il échappe à la superficialité, c’est qu’il a su donner à son travail une dimension à la fois personnelle et universelle. Personnelle, parce qu’Al Aawda dessine en vingt-et-une images une géographie intime. Universelle, parce que le thème du retour est un des plus anciens topoï de la culture méditerranéenne, qu’on trouve déjà dans L’Odyssée au VIIIe siècle av. J.-C.

Bilal Tarabey est le gagnant du Prix Photomed-Institut français du Liban 2016, réservé aux photographes libanais vivant au Liban.

Par Guillaume de Sardes