(Bibliothèque Orientale) Antoine Poidebard, Deux petits écoliers de Tokat, c. 1906

Photothèque de la Bibliothèque Orientale de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth


Par Saint Joseph University

Du 22 Janvier, 2015
Au 11 Février, 2015

Un patrimoine unique pour le Liban et le Proche-Orient

La Bibliothèque Orientale de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth dispose d’un fonds d’environ 70 000 photos constitué par des générations de pères jésuites qui, depuis le xixe siècle et dans le cadre de leur mission et de leurs recherches personnelles, ont accumulé une collection particulièrement riche de clichés à caractère archéologique, ethnographique ou historique. On y trouve aussi une collection non négligeable de photographies du xixe siècle signées des Bonfils, Tancrède Dumas, Felicio Beato ou encore James Robertson. Ce fonds représente une source de documentation inestimable pour l’histoire des pays où les pères ont exercé leur apostolat (Liban, Syrie, Arménie, Égypte), ainsi que pour l’histoire de la photographie au Proche-Orient. En effet, pratiquement toutes les étapes de la technique photographique sont représentées, du collodion à l’argentique en passant par les épreuves albuminées, des plaques de verres de dimensions variées aux supports souples ou en papier. Grâce à un partenariat conclu avec la Fondation Boghossian, la Bibliothèque Orientale pourra développer les moyens de protéger ce patrimoine unique et le mettre en valeur à travers une banque de données à consulter, des expositions itinérantes, des publications, des conférences et d’autres activités de diffusion.

Portraits d’Orient

Cette exposition présente un choix d’une trentaine de portraits photographiques parmi les centaines réalisés par des Jésuites pendant leur séjour au Proche-Orient en tant que membres des missions en Arménie, Syrie et Liban dans la première moitié du xxe siècle. Il s’agit généralement de photographies rapprochées de personnes où l’expression du visage est clairement affichée et où le(s) sujet(s) pose(nt) devant l’appareil en se prêtant au jeu du photographe. Quelle idée le bédouin de la steppe syrienne, le cavalier tcherkesse d’Asie Mineure, les écoliers arméniens de Tokat ou le paysan du Mont Liban se font-ils d’eux-mêmes, à une époque où la photographie n’était pas encore répandue dans ces contrées ? Les conditions dans lesquelles les portraits ont été réalisés expliquent peut-être le naturel de ces personnages face à l’objectif. Plusieurs Jésuites ont excellé dans l’art du portrait, surtout Guillaume de Jerphanion, Antoine Poidebard, Pierre de Vrégille, Joseph Delore et Henri Charles, tous français d’origine. Mais le regard qu’ils portent sur l’Orient est fondamentalement différent de celui des photographes européens professionnels qui reconstituent des types orientaux dans leur studio au décor irréel. Ces religieux, qui ont passé l’essentiel de leur carrière au Proche-Orient et qui généralement parlent la langue du pays, ont une connaissance beaucoup plus profonde du milieu et des traditions dans lesquels évoluent les personnages fixés par l’appareil.

Voyage en Orient

Au début des années 1860, trois associés, le photographe Ludovico Wolfgang Hartle, le journaliste Charles Lallemand et le diffuseur Varroquier annoncent un vaste programme de publication d’albums intitulés “La galerie universelle des peuples”. Celui-ci vise à « reproduire grâce à la photographie les costumes nationaux qui disparaissent rapidement devant les progrès de la civilisation et à préserver pour les artistes la mémoire de ce qui était beau et pittoresque ». Seule une petite partie de leur ambitieux projet a été réalisée. La photothèque de la Bibliothèque orientale de Beyrouth conserve l’un de leurs albums, très rare, consacré à la Syrie (c’est-à-dire la Syrie et le Liban actuels). Le recueil, qui daterait de 1864-1865, contient 36 planches photos, dont une vingtaine est exposée. Il s’agit d’épreuves sur papier albuminé, colorisées à la main et contrecollées sur carton. Chaque planche comporte le cachet en relief de Charles Lallemand. Pour présenter une certaine variété des modes vestimentaires, les photographies ont été prises dans trois régions différentes. La première est celle de Zouq Mikaël, un grand village chrétien maronite au nord de Beyrouth qui justement était célèbre au XIXe siècle pour sa production de tissus. La deuxième région sélectionnée est celle de Schoueifat, village situé au sud de Beyrouth : sa population druze représentait alors la seconde composante majeure du peuplement du Mont Liban. La troisième et dernière région concernée est celle de la ville de Damas, elle aussi renommée pour sa production de textiles variés.


169 Gallery
Mkhalassiye Street, Saifi Village
Beirut

Quand

Du 22 Janvier, 2015
Au 11 Février, 2015

12:00pm - 8:00pm