Albarran Cabrera, Japan 2013, Pigment print over gold leaf on Japanese paper

“La Bouche de Krishna”


Par Albarran Cabrera

Du 22 Janvier, 2015
Au 11 Février, 2015

Il y a l’histoire de l’enfant Krishna, accusé à tort de manger un peu de terre. Sa mère, Yashoda, est venue le gronder, en le pointant du doigt elle lui dit : «Tu ne dois pas manger de la poussière, vilain garçon.” “Mais je ne l’ai pas fait”, dit le seigneur incontesté de tout et de tous, déguisé en enfant humain effrayé. “Tut! Tut ! Ouvre ta bouche”, commande Yashoda. Krishna obéit. Il ouvre la bouche et Yashoda retient son souffle. Elle voit dans la bouche de Krishna l’univers intemporel, toutes les étoiles et les planètes de l’espace et la distance entre eux, toutes les terres et les mers de la terre et de la vie en eux, elle voit tous les jours d’hier et tous les jours de demain, elle voit toutes les idées et toutes les émotions, toute pitié et toute espérance, et les trois volets de la matière ; pas un caillou, une bougie, une créature, un village ou une galaxie ne manque, y compris elle-même et chaque brin de saleté à sa place véridique : “Mon Seigneur, vous pouvez fermer votre bouche”, dit-elle avec respect. Dans une partie de l’univers il y a tout un univers – Hamlet a vu l’espace infini dans une coquille de noix ; William Blake a vu un monde dans un grain de sable, un ciel dans une fleur sauvage, et l’éternité dans une heure. Cette idée est à l’origine du fil principal de notre travail photographique. Nous sommes l’univers se faisant passer pour des individus isolés. Notre réalité telle que nous la connaissons, est le résultat de l’union entre l’observateur et ce qui est observé. Nous vivons dans un chaos ordonné profondément à l’intérieur d’une toile infinie reliée par des fils invisibles. Touchez cette toile à tout moment et le tout se mettra à trembler. C’était Goethe qui a dit que dans la nature on ne voit jamais rien isolé, mais tout en relation avec quelque chose d’autre qui est soit devant elle soit à côté d’elle, sous elle et sur elle. Notre conscience est une petite ride dans l’univers qui se pose des questions sur ellemême. Avec une photo, une nouvelle ride est créée. Cette “ride” est non seulement une image, mais aussi un objet en trois dimensions, un déclencheur pour l’esprit du spectateur. Les rythmes de la nature nous donnent l’occasion de montrer cette complexité cosmique à travers la photographie. En créant ces images nous ne décrivons pas le motif ; plutôt l’expérience de la multiplicité de l’univers générée par elles.


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Beirut Central District

Quand

Du 22 Janvier, 2015
Au 11 Février, 2015

12:00pm - 8:00pm