Barbara Luisi, Blue Caribbean Night

“Dreamland”


Par Barbara Luisi

Du 22 Janvier, 2015
Au 11 Février, 2015

Voir, entendre, toucher…

“L’océan est une voix. Il parle aux astres lointains…”, Michelet

C’est cette grande voix de l’Océan que portent jusqu’à nous les photographies marines de Barbara Luisi. En les regardant ne nous semble-t-il pas, en effet, entendre le sourd grondement continu des vagues ? Ce phénomène de cénesthésie n’a rien d’étonnant. Les impressions visuelles qui se dégagent de ces photographies sont si fortes qu’elles se transforment en impressions auditives. C’est aussi de ce dialogue cosmique entre la mer et le firmament qu’évoque Michelet. Est-ce la raison de cette étrange inquiétude qui nous saisit devant les images de ces masses sombres, vides de présence humaine ? “Un brave marin hollandais, ferme et froid observateur qui passe sa vie sur la mer, dit franchement que la première impression qu’on en reçoit c’est la crainte”, ainsi commence l’ouvrage de Michelet : La mer. Peur devant ce qui lui apparaît comme une puissance hostile à affronter. Les raisons de notre crainte, elles, sont d’ordre métaphysique : la peur provoquée par la rencontre de notre finitude avec l’infini. Dans les paysages marins de Barbara Luisi, rien ne vient borner cette immensité, ni rivage ni même horizon, car la mer s’y confond souvent avec le ciel, lequel ne se devine qu’à la lumière venue de ses astres, qui se reflète sur la surface de ces eaux amères. Comme si cette étendue était sans commencement ni fin. Sans contour non plus, ce qui, la situant hors de la catégorie des choses – car toute chose dans la cosmologie rationnelle qui est la nôtre, a une forme – l’a rendue si difficile à représenter pour les peintres. Longtemps, chez eux, la mer n’a été qu’un décor pour scènes de genre ou d’histoire (…) Il a fallu attendre les impressionnistes, précédés en cela par Turner, pour que la mer devienne en elle-même le sujet de la représentation picturale. Barbara Luisi relève le défi que la mer oppose à la peinture. Mais sa mer n’est pas celle, diurne et lumineuse, qui permet à Monet, à Renoir, à Manet et à bien d’autres encore de jouer de toutes les nuances de bleus, de gris et de verts. Une mer apprivoisée qui appelle le bain dont la vogue ne tarda pas alors, à se répandre. Sa mer à elle est nocturne, ombreuse, ténébreuse, tantôt noire, tantôt bleue, d’un bleu si foncé qu’il tire vers le noir. Et seule ce que le poète a si bien nommé “cette obscure clarté qui tombe des étoiles”, vient trouer de sa lumière froide cette surface sombre. Et peu importe que l’effet saisissant de ce clair obscur doive ici plus à l’astre lunaire qu’aux étoiles ! (…) Si l’océan de Michelet converse avec les astres, c’est avec la peinture que celui de Barbara Luisi dialogue aussi : avec celle de Courbet d’abord, avec celle de Richter aussi, le Richter de la série des marines et avec celle de Rothko également.


Glorietta Gallery, Beirut Jewellery Souks
Beirut Central District

Quand

Du 22 Janvier, 2015
Au 11 Février, 2015

12:00pm - 8:00pm